Conference of the Biography Society: LA VÉRITÉ D’UNE VIE : BIOGRAPHY & VERITY (Oct. 20-21, 2017).

Biography entertains a peculiar relationship to the notion of verity, by aiming far less at the Truth than at the fluctuating truths of unique individual lives. Indeed, in science and in the humanities alike, truth appears to us today as a construction, always conveyed by a discourse ; indeed, verity is an unattainable horizon, an object of desire that keeps receding on and on as we strive to get closer to it, but the very quest ceaselessly modifies the landscape of our knowledge. The recent development of ‘biofiction’ can be interpreted as a ‘biographisation’ of contemporary fiction, which characterises our time, and is comparable to the ‘novelisation’ of genres one century ago. This phenomenon is what Hans Renders, Binne de Haan et Jonne Harmsma investigate in The Biographical Turn : Lives in History (Routledge, 2016). In historiography and philosophy of history, Hayden White’s theses, especially in The Fiction of Narrative (Johns Hopkins University Press, 2010), like Ivan Jablonka’s in L’Histoire est une littérature contemporaine (Seuil, 2014), clearly pose the problem of the partly fictional, and in any case literary nature of historiography. Biography, commonly described as a hybrid genre, between history and literature (see Michael Benton, Towards a Poetics of Literary Biography, Palgrave Macmillan, 2015), is distinguished by a peculiar aesthetics; it is assessed (by readers, critics, and the juries of literary awards) by the double standard of the verity of the knowledge it conveys, and the quality of the style in which it expresses it. A biographer is expected, on the one hand, to administrate the proof of what she writes in her texts and paratexts, and, on the other hand, to do so while producing a text where the pleasure to read must satisfy the desire to know: where scientific quest and aesthetic experience cross-fertilize one another. The most interesting biographers are those for whom literary writing is not a mere form but their very method, the very path of their thinking towards a better understanding of their subject. Some are fascinated by the gradual metamorphoses their character goes through, others keep swinging backward and forward in the chronological unravelling of a life, unwilling to wrench their eyes from the accomplished historical personage. Mixing memory and desire, scientific truth and literary verity, biography is a peculiar field, a crossroads of humanities, where a significant turn is taking place. The biographic turn partakes of a reprise, a new start, a reorientation of writing and reading towards this verity, always surprising, of which we cannot but see that it is the text that our lives are made of. Contributions can propose theoretical reflexions on the notion of verity in biography, or case studies, interrogating for instance the political uses of biography to inflect the “truth” about a person in the eyes of the public, addressing methods of investigation and verification of the facts, or analysing literary, rhetorical, strategies of administration of the proof. They can also be studies of the paratexts (footnote, prefaces, postfaces, documentary appendixes, etc.), or of the iconographic illustrations, taking especially into account the impact of photography. Considerations on the cinema are also expected, investigating the special relationship of biographical films to historical truth. In the field of digital humanities, the truth effect of on-line biographical notices and dictionaries of biography, as well as the impact of digital tools on biographical research are a case in point. Papers should also address fictionalisation as a method of investigative construction to fill in the gaps of documentation. Proposals, in French or in English, with a provisional title, an abstract no longer than 100 words, and 5 key-words, should be sent before February 1st, 2017, to Pr Yannick Gouchan yannick.gouchan@univ-amu.fr and Pr Joanny Moulin joanny.moulin@univ-amu.fr.

(Français)

La biographie sollicite de façon singulière la notion de vérité, en poursuivant moins la vérité que de celles de vies individuelles toutes uniques. Certes, en lettres comme en sciences, toute vérité nous apparaît désormais comme une construction, toujours portée par un discours ; certes, la vérité n’est qu’un horizon inaccessible, un objet de désir qui se dérobe au fur et à mesure qu’on s’en approche, mais cette quête modifie sans cesse le paysage de notre connaissance. Le développement actuel de la « biofiction » peut s’interpréter comme une « biographisation » du roman contemporain, caractéristique de l’époque actuelle au même titre que la « romanisation » des genres au début siècle dernier. Ce phénomène est ce que Hans Renders, Binne de Haan et Jonne Harmsma nomment « le tournant biographique », dans The Biographical Turn : Lives in History (Routledge, 2016). En philosophie de l’histoire, les thèses de Hayden White, particulièrement dans son ouvrage le plus récent, The Fiction of Narrative (Johns Hopkins University Press, 2010), comme celles d’Ivan Jablonka dans L’Histoire est une littérature contemporaine (Seuil, 2014), posent clairement le problème de la nature en partie fictionnelle et en tout cas littéraire de l’écriture de l’historiographie. La biographie, genre communément décrit comme hybride entre histoire et littérature (voir Michael Benton, Towards a Poetics of Literary Biography, Palgrave Macmillan, 2015) se distingue par une esthétique particulière. Elle est évaluée (par le public, par la critique et par les jurys des prix littéraires) d’après le double standard de la justesse des connaissances qu’elle contient, et de la qualité du style dans lequel elle les exprime. On attend d’un biographe, d’une part, qu’il administre la preuve de ce qu’il avance dans son texte et ses paratextes, et d’autre part qu’il le fasse en produisant un texte où le plaisir de lire doit satisfaire le désir de savoir : où quête scientifique et expérience esthétique se fécondent l’une l’autre. Les biographes les plus intéressants sont ceux pour qui l’écriture littéraire n’est pas un outil formel, c’est leur méthode même, le chemin qu’emprunte la pensée pour mieux connaître et faire connaître leur sujet. Certains sont fascinés par les métamorphoses successives de leur personnage, d’autres font d’incessantes incursions dans son avenir, gardant toujours sous les yeux la personnalité accomplie. De vérité scientifique en vérité littéraire, la biographie est un champ bien particulier, au carrefour des lettres et des sciences humaines, où un tournant significatif semble bien se produire. Le tournant biographique participe d’une reprise, d’une relance, d’une réorientation de l’écriture et de la lecture vers cette « vérité » toujours surprenante, dont nous voyons bien qu’elle est le texte dont nos vies sont faites. Les contributions pourront proposer des réflexions théoriques sur la notion de vérité en biographie, ou bien des études de cas, interrogeant par exemple les utilisations politiques de la biographie, visant à infléchir la « vérité » d’une personne telle que le public la perçoit ; considérations sur les méthodes d’investigation et de vérification des faits dans les recherches, analyses des stratégies littéraires, rhétoriques et discursives, d’administration de la preuve. Il pourrait s’agir aussi d’analyses des paratextes et de leur valeur vérificative (notes, avant-propos et postfaces, annexes documentaires, etc.), ou des images illustratives et de l’impact de la photographie. On attend également des considérations sur la biographie au cinéma et le rapport du film biographique (ou biopic) à la vérité historique. Dans le domaine des humanités numériques, on s’interrogera sur l’effet de vérité des notices biographiques et dictionnaires biographiques en ligne, et l’impact des outils numériques de recherche biographique. D’autres contributions encore étudieront la fictionnalisation comme méthode de construction investigatrice pour pallier les lacunes de la documentation. Les propositions, en français ou en anglais, comprenant un titre provisoire, un abstract de 100 mots et 5 mots-clés, sont à remettre avant le 1er février 2016 au Pr Yannick Gouchan yannick.gouchan@univ-amu.fr et au Pr Joanny Moulin joanny.moulin@univ-amu.fr.

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